West Side Story

15 septembre 2010
 
 
    Certains rêves ont beau naître de nos sommeils, le réveil nous apprend souvent à renoncer. Des utopies passagères qui tombent dans l’oubli, des souhaits cultivés pendant des vies entières qui s’avèrent n’être que des mirages inaccessibles, et on ne peut rien faire pour forcer le destin à les accomplir. Et puis il y a une autre race de rêves : ces passions fulgurantes qui s’épanouissent en nous, et deviennent ces projets obsédants qui nous convainquent de notre vocation à les réaliser.
 Je ne partais jamais en vacances étant petit. Je m’imaginais souvent des voyages à travers le monde, m’approvisionnant en images dans les brochures colorées de l’agence de voyage près de l’Hôtel Aguado, à Dieppe. Immobile dans ma ville, je parcourais les circuits touristiques, d’un continent à l’autre. Parmi toutes ces belles choses à voir, il y avait New York.
  
 
 Cet été 2010, j’ai réalisé ce rêve en tête de ma "liste de rêve" depuis plus de 20 ans ! Je suis revenu il y a 2 semaines, et je n’en reviens toujours pas ! Cette ville restera un rêve pour moi.
Nous avons atterri dans le New Jersey, et ce n’est qu’une fois descendu de l’avion que j’ai aperçu la fameuse skyline de Manhattan. Un train nous rapproche dans l’obscurité d’un tunnel : l’Hudson River était la dernière frontière à franchir. Je n’oublierai jamais ma première vision de la ville. Dans la foule de Penn Station, je distingue un escalator qui mène vers la lumière. A la sortie de la gare, la rue nous a sauté au visage : des buildings gigantesques tout autour de nous, le vacarme incessant des sirènes de police et les klaxons des taxis jaunes, des escaliers de secours sur les façades, des citernes en haut des tours, l’Empire State Building qui se dresse au bout de la rue, le Madison Square Garden juste derrière nous… tout ça, en un coup d’oeil ! Des larmes aux yeux, de la joie sur les lèvres, et déjà l’excitation communicative de la ville qui rend les bagages moins lourds ! 
 
 
 
 
 
 

Vieilles Charrues du vendredi

3 août 2010
 
 
          Après une soirée de folie, on en redemande ! Le lendemain, c’est en connaisseur que l’on regagne le site de Kerampuilh. Le temps n’est pas plus clément, mais ça ne peut pas être pire que la veille. Abrités sous un arbre pour manger, on se dit finalement que si, ça pourrait être pire ! Notre deuxième jour de vacances m’inquiète un peu…
 
Les portes s’ouvrent. Cette fois nous faisons vraiment le tour du site. Il y a à boire et à manger, des boutiques, des assos, un verger, une plage… Outre les têtes d’affiche, c’est plus d’une trentaine de groupes qui vont jouer aujourd’hui, sur 6 scènes différentes. Mais nous visons les valeurs sûres : quelques mois auparavant, Muse et Mika attiraient mon attention, mais la presence de NTM avait couronné le tout ! J’ai écouté du rap dès l’âge de 13 ans, un vrai défouloir, et cette priorité au rythme qui me fascinait. Naughty By Nature, 2Pac, Busta RhymesThe Fugees, Nas, Jay Z et tant d’autres américains… Mais NTM a été le seul groupe de rap français que j’ai adoré. Les 1ers titres ont bien vieillis, mais je connais par coeur "Paris Sous Les Bombes" et leur dernier album "Suprème". Je me souviens avoir grandi en écoutant tout ça malgré l’indignation de mon entourage, des concours de flow sur "La Fièvre" avec Max de Fun Radio, d’attendre y participer dans ma cabine téléphonique secrète…
 
Les fan(e)s de Mika sont aux premières loges. De jeunes filles qui vont devoir subir des vagues de pression enormes ! Sophie Hunger arrive discrètement sur scène. une présence douce et calme, un visage de poupée. Quel contraste avec la suite ! Je ne reconnaîtrai que la reprise de Noir Désir "Le Vent L’emportera". 1 heure plus tard, impression de déjà vu  sur les ecrans géants : Wovenhand sur l’autre scène, qui était à Musique En Stock quelques jours auparavant !
 
19h40 : nous sommes agrippés à la barriere juste devant la scène. A coup sûr il va se reproduire la même chose qu’hier pour Muse, mais sans la pluie et sans la nuit ça semblera quand même moins dur. Toujours est il que la longueur des essais techniques fait monter la pression. Tout le monde est pressé dans tous les sens du terme. Et puis, d’un coup, c’est parti : une intro à la Carmina Burana, et les voilà qui s’abattent sur la scène comme des bêtes qu’on vient de lacher.
 

"La Seine saint Denis, c’est de la bombe baby !" Quelle fierté de les voir d’aussi prêt. Joey Starr est déchainé, Kool Shen est précis et concentré. Les paroles sortent toutes seules de ma bouche, même sur des morceaux qui ne passaient pas à la radio. Les premiers souvenirs de lycée me rattrappent. Une musique qui excitait tout ce qu’il y avait de plus refoulé en moi, ces colères qu’il vallait mieux taire, ces nerfs retenus mais qui rebondissaient sur ces tempos lourds. Et à Carhaix il n’ y avait qu’à regarder autour de moi pour constater que je n’avais pas été le seul à vivre ça ! Tout ça est générationnel. J’ai le même âge que le rap en France, et il a déjà beaucoup changé. Je préférerai définitivement la fougue engagée de NTM au bling bling d’aujourd’hui. Alors ça été un kiff ce concert, ça remuait pas mal, des esprits un peu chauds mais faciles à calmer. On avait tous les yeux sur eux, contaminés par leur energie.

 

A la fin du concert, personne n’a bougé, comme si ils nous avaient collés sur place. Le tour de Diam’s est arrivé de l’autre côté, nous pensons juste à retrouver un espace libre pour souffler. Sortir des chaleurs de la foule est une délivrance, si bien qu’on ne se sent pas en mesure de remettre ça pour Mika. Un petit sandwich et quelques bières plus tard, nous voilà revenus face à la grande scène, quelques dizaines de mètres nous séparera donc de la folie des premiers rangs, un compromis difficile, mais que je ne regretterai pas. Les derniers titres de Diam’s s’enchaînent sur grand écran. Bof. Entre ses choix personnels, ses discours et ses déguisements, je n’accroche plus du tout. Je souris en pensant aux gamines fans de Mika qui ont resisté à la tornade NTM, accrochées à la barrière devant la scène ! Leur moment est venu :

Mika est encore une fois exceptionnel. Sa présence, sa manière de faire participer le public, et l’energie positive qui se degage de sa voix font du bien. Les couleurs de la scène, les refrains que tout le monde chantent en coeur, m’offrent un beau spectacle avant ces vacances tant attendues. Je regarde avec admiration les parents qui s’amusent avec leurs enfants, les reflets dans leurs yeux équarquillés… Avant qu’il ne soit plus qu’un souvenir, je goûte pleinement chaque seconde de ce moment au-dessus de la foule. Un remix dance de "Rain" génial, un inédit ("Kick-Ass"), un "Happy Ending" émouvant (je m’y attendais), et un "Grâce Kelly" en français. Mika est une bête de scène, souriant, décontracté, bondissant, et à la voix toujours aussi haut perchée. Même si sur ce point j’ai malheureusement appris à mon retour qu’il abusait un peu du "pro-tool", cette technique qui consiste à baisser un peu le son du micro d’un chanteur essouflé, et à envoyer un enregistrement de la voix.

C’est la fin. Nos premières Vieilles Charrues s’arrêtent là, le Finistère nous attend. Je reviendrai surement un jour me la jouer Woodstock à Carhaix. L’année prochaine, pour les 20 ans du festival les programmateurs ont déjà décidé de faire fort… Mais qui honorera la grande scène en 2011 ? Suspens…

 

 

 


Vielles Charrues du jeudi

2 août 2010
 
 
  Quel bonheur d’arriver dans une région qu’on ne connait pas ! Chaque été je réalise à quel point je suis bien quand je ne sais pas où je suis. Quimper a beau nous acceuillir sous un ciel menaçant, la tentation d’aller voir la mer est trop forte ! Le 14 juillet est un jour particulier pour nous, alors le champagne a pétillé sur un petit banc de Douarnenez. Sans prévenir, un sujet émouvant est venu s’imiscer dans nos conversations. Côte à côte, deux arc-en-ciel  sont apparus face à nous… Il y a des momens comme ça, soulignés d’étranges coincidences, qui n’attendent pas d’être mythifier.
 

 
Le lendemain, entre 2 nuages, nous nous engageons dans la campagne bretonne direction les Vieilles Charrues ! Le site est un champs parmi d’autres, on est bien loin de Musilac, si proche de la ville. Vu d’extérieur le festival est une machine bien huilée : des parkings immenses, des membres de l’équipe un peu partout, et des secours en masse… Les premiers fans sont reunis ; une belles collection de t-shirt de Muse et de cheveux bleus, référence à la teinte de Matthew Bellamy lors de leur premier passage ici. On se restaure comme on peut (mais quelle idée de prendre ce sandwich andouillette-vin blanc, pfff…), on lit Ouest France allongé sur l’herbe humide… Soudain, tout le monde se lève et se pousse contre les barrières. A plusieurs heures de l’ouverture, un mouvement de foule qui en augurera bien d’autres. Des rumeurs se propagent : le festival batterait son record de fréquentation cette année, on attend plus de 45 000 personnes rien que ce jeudi. Des rumeurs d’annulation aussi, à cause de cette pluie qui commence sérieusement à s’incruster. Tout le monde est prêt à "sprinter", les barrières se lèvent, les photographes mitraillent, c’est la ruée.
Avant les scènes ce sont les bars qui sont pris d’assault, chacun y va de son pichet de bière. Je chope une choppe et nous gagnons tranquillement la grande scène. Nous nous postons à quelques mètres des micros, devant l’immense mur d’image en alveole de Muse, et le temps de se désaltérer en regardant quelques court-métrages, il est déjà trop tard pour reculer : la foule se densifie mais notre espace vital est encore respecté, pour quelques heures seulement…
 

 
Le groupe Revolver entre en scène. Quelques mélodies concentrées et discrètes, mais un manque de présence sur scène evident. Juste de quoi nous réchauffer un peu sous le crachin breton.
The Raveonettes entame leur set, puis, une heure plus tard, c’est Jacques Dutronc qui fait le "chaud" sur l’autre scène, loin, très loin. De tous les fans de Muse, je me rend compte que c’est moi qui connait le mieux les paroles du gentleman ! Dommage, j’aurais bien voulu le voir de plus prêt.
 
23h00. L’air s’est remplit d’electricité. Je joue un peu des coudes pour ne pas subir les premiers mouvements de cette foule excitées, mais jamais je n’aurais imaginé vivre cette apocalypse qui approche. Je me souviens de "gentils" pogos au concert des Kooks, des bousculades plus "viriles" à celui de Tricky. Mais ce soir, au moment où les spots-public se sont eteints, une pression incroyable s’est abattue sur nous. Jamais vécu un moment d’hystérie comme celui-là ; une pluie battante, des cris qui resonnent dans le ciel, les corps moitent qui se chevauchent…
 

Le batteur vient nous saluer au bord de la scène en slip vert fluo sur collant noir, et quand Matthew Bellamy arrive avec sa guitare double manche, le public explose littéralement. Les premiers hurlements de sa guitare nous oppriment encore un peu plus…Impossble de lever où de rabaisser les bras, la cage thoraçique comprimée, les pieds qui ne peuvent qu’éfleurer le sol boueux, les coups de pieds, les coups de genoux, les coups de poings… Evidement, j’aurai préféré d’autres conditions pour mieux apprecier le show, mais au final, j’y repense avec le sourir, et avec la fierté d’avoir survécu (lol) ! J’ai passé ces 2 heures les bras enroulés autour de Christine pour essayer de la protéger, le cou tendu au dessus des vapeurs de ces chaleurs animales, mais quelle expérience ! Les morceaux de Muse sont fait pour ça. Déjà sur cd ce sont des defouloirs, des energies mélancoliques et suicidaires, les mélodies spatiales d’une voix frissonnante, des accords orgasmiques,… Leur réputation sur scène n’est pas déméritée. Un show total. Des images sur les ecrans aux megatonnes de lumières deversées à coup de laser vers le public, c’était inouï ! Un son dingue, et de bonnes surprises dans la playlist à en croire les puristes. Au fur et à mesure des morceaux, nous avons quand même dû reculer de notre place tant défendue. C’est alors qu’ils ont entamé la dernière chanson, "Knights of Cydonia", en remplaçant l’intro originale par "L’homme à l’harmonica" de Morricone… quel cadeau !
 

 
Détrempés, mais "séchés" par l’experience, nous revenons difficillement vers le centre du site comme si on avait debarqué de nul part. Mr Oizo a déjà commencé son set, Nous restons dans l’obscurité du No Man’s Land d’entre 2 scènes, une bière à la main.
La pluie n’en finit pas, mais un lit chaud et sec m’attend quelque part. Dire que j’avais hésité entre l’hôtel et le camping il y a quelques mois… Festivaliers ok, mais qui aiment leur confort, surtout après Muse !!
 
A suivre…
 
 
 


Le monde des festivals

30 juillet 2010
 
 
    Il y a 2 semaines je me frottais à la folie d’un des plus grands festivals d’Europe : les Vieilles Charrues à Carhaix. Deux jours de gros son et de foules déchaînées, puis le reste de la semaine pour s’en remettre sur les côtes du Finistère.
 
J’ai découvert tardivement le monde des festivals. Adolescent, je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’assister à d’autres concerts que ceux du 21 juin. Je me demande bien pourquoi acheter son ticket et se rendre au Zenith du coin était si inaccessible ? Je n’ai plus qu’à rattrapper le temps perdu, non sans envier ces ptits jeunes qui en profitent tout l’été entre potes.
L’affiche allèchante de Musilac 2007 reunissait ce que j’écoutais à l’époque : Keane, Archive, Tété… Impossible de resister. Les éditions d’après m’ont apporté Mika et Franz Ferdinand sur un plateau, tandis que plus près de chez moi et gratuitement, Musiques En Stock m’a fait découvrir sur scène Mademoiselle K, Tricky et cette année parmi d’autres Eiffel et Eli Paperboy Reed. Ainsi, une semaine après le plus petit festival, j’avais rdv avec le plus grand…
 
 
 

Musiques En Stock (Cluses)

10 juillet 2010
 
 
  Pour l’année de ses 10 ans, le festival "Musiques en Stock" de Cluses a une sacré belle affiche pour un festival gratuit : parmi tant d’autres Arno, Le Peuple de l’herbe, Eiffel, Wovenhand, Eli Paperboy Reed et Miossec.
J’ai découvert ce dernier jeudi soir. Une présence atypique, un corps qui se dehanche avec maladresse, un humour désabusé ("non non je ne suis pas untel ou machin, je m’appelle Miossec.."), et des textes plutôt touchants sur des histoires de couple.
Mais le meilleur moment pour moi fût le live du groupe Eiffel. Une groupe que j’ai appris à connaître seulement depuis quelques semaines, mais dont le dernier album m’a scotché. Il faut l’écouter en lisant les paroles, et ces refrains engagés mais mélodieux… "A Tout Moment La Rue", "Je m’obstine", mais surtout, "Minouche"… SU-Blime chanson !
 
Samedi soir, c’était au tour d’Arno de prendre place sur scène. Un personnage atypique, en décalage avec le clinquant de la région. On l’imagine mieux deambuler de bar en bar dans les rues de Bruxelles. Une voix rocailleuse, un regard timide mais une vrai élégance. Enfin, une tête d’affiche internationnale est apparue discrètement. Eli Paperboy Reed se fait rare, et malheureusement le public rock et enivré de Cluses a un peu boudé la Soul de l’américain. Moi j’ai adoré. Un vrai son à l’ancienne, un dynamisme qui rappelle James Brown…
 
Vive Musiques En Stock !
 
 
 
 
 

La marmotte de Bérard

28 juin 2010
 
 
Première randonnée de l’année, il était temps !
Depuis le printemps, pas moyen d’avoir un peu de soleil pendant mes week end. C’est donc un vrai bonheur de retourner enfin en montagne : ce dimanche, nous avons découvert une balade ideale pour commencer en douceur la "saison des randos".
 
Du côté de Vallorcine, nous avons emprunté un chemin de pierre bien agréable qui débute dans une forêt de mélèzes, et qui suit un courant d’eau jusqu’à sa source : ces neiges plus vraiment éternelles qui fondent au soleil.
Une belle cascade nous acceuille dans les bois, puis nous grimpons un chemin bordé de pierres géantes en équilibre. A la sortie de la forêt, nous arrivons sur un plateau impressionnant, entouré par les aiguilles rouges et les montagnes suisses. Malgré une chaleur torride, l’omniprésence de l’eau et de névés nous raffraichissent. Nous remontons d’ailleurs le fil de l’eau jusqu’au refuge de la Pierre à Bérard. De là, nous nous retournons fièrement pour contempler la vallée que l’on a traversée. Petite pause casse croûte et bronzette sur un rocher énorme escaladé sans peine !
 

 
Une rando paisible aux paysages sublimes : la diversité des éléments, l’agencement des pierres, le contraste de la neige et de la terre noire aux sommets… Mais seul le retour allait être réellement magique.
Dans le rythme éfreiné de nos spirales citadines, on oublie quelques classiques essentiels. Par exemple, le plaisir pur d’épier un animal sauvage dans son environnement naturel. Au hasard d’un coup de jumelle, un chamois qui sautille de pierre en pierre, ou, au bord du chemin, un bouquetin qui nous regarde passer près de lui… Indépendants, beaux et paisibles.
Enfin une marmotte, qui, c’est inouï, se laisse approcher sans plonger de peur dans son terrier. Après une longue approche, lente, et patiente, nous nous installons calmement devant elle dans le silence de la vallée qui s’endort. Des présences qui s’observent, face à face, comme avec fierté et respect… Une compagnie vécue comme un privilège à cette heure où la lumière changeait. Nous étions les derniers sur le chemin. La nuit approchait aussi dans le monde des hommes.
 
 

 
 
 
 

Moonwalker

24 juin 2010
 
 
Cette nuit, il y a un an, n’aura donc pas suffit à écouler la peine d’avoir perdu mon idole. Alors que le jour se levait, je zapais de radio en radio ; les animateurs annonçaient la nouvelle aux lève-tôt, et les programmations étaient déjà bouleversées. Je me suis alors remémoré tous ces moments de ma vie que sa musique et sa danse ont accompagnés.
 

Le premier souvenir que j’ai de Michael Jackson, c’est le clip de "Thriller". Depuis plusieurs jours, la TV annonçait qu’un incroyable évènement allait être diffusé. J’avais 4 ans, et je me souviens être resté avec mes parents devant ce "film d’horreur". La bande son m’effrayait et quelques images me parvenaient quand même entre les doigts qui cachaient mes yeux. L’évènement était à la hauteur : les adultes étaient bluffés. Je revois les pochettes des 45 tours de "Billie Jean" et de "Beat It" rejoindre notre collection près du mange-disque. Aujourd’hui je réalise que mon goût de l’époque pour les films d’horreur, les masques et les gadgets de farce-et-attrape est peut-être venue de ces images-là.

 

Quelques années plus tard, j’ai moi-même été acheté l’album Bad à la Coop du quartier. C’est la même copie que j’ai sous les yeux en ce moment, avec les 11 titres surlignés au fluo jaune : chacun a été un temps mon préféré ! C’est sans doute l’album que j’ai le plus écouté. Mais, même si je le connais par coeur, je n’ai jamais trouvé la raison pour laquelle Henri Salvador etait cité dans les remerciements. Avis aux fans !

Le clip de Bad ne pouvait pas mieux tomber pour un gamin de 9 ans ! Cette energie mécanique pleine de fierté me plaisait tant ! Aujourd"hui, si c’est loin d’être le meilleur clip, les premières scènes en noir et blanc du film de Martin Scocese sont une belle compensation de ne pas avoir vu Michel Jackson au cinéma. La seule exception, c’est le film Moonwalker : davantage un enchainement de clips, mais encore une fois un régal à mon age ! Le logo vivant de MJJ Productions, "Man In The Mirror" en live, mais surtout l’ÉNORME séquence dans le bar !!

 
Ce costume blanc, son evolution dans les escalier mobiles, ce moonwalk au ralenti, le cadre, la lumière, les ombres… La mise en scène et la chorégraphie de la version longue de "Smooth Criminal" sont inouïes !
 
 
 
 
 
Michael Jackson s’était donc fait une place dans la famille entre Claude François, Johnny et "Joe le Taxi" ! Les annnés ont passé, et alors que je me passionnais pour des sons plus electroniques, l’album Dangerous a tout bouleversé. On ne peux pas denigrer un album au profit d’un autre dans la disographie de Michael Jackson ; je suis persuadé que Dangerous a autant marqué la musique des années 90 à nos jours, que Thriller et Bad ont changé pour toujours le son de la Pop.
 
 
C’est à ce moment là que je suis devenu un vrai fan. J’ai loupé la tournée, mais je me suis abonné à l’excellent magazine français "Black Or White" ; j’affichais dans ma chambre des posters différents tous les mois, suivant le single sorti, je prenais le train pour Rouen où Paris afin de denicher des imports de remixes japonnais. Je suis sur que mon endurance dans les Fnac et les Virgin vient de là ! Une nouvelle curiosité est ainsi née grâce à Michael Jackson : j’ai voulu ecouter d’où il venait. J’ai donc découvert ces 1ers albums solo, puis evidemment les Jacksons 5 et les Jacksons (j’aimais tant "Never Can Say Goodbye" et "This Place Hotel"), et je me suis forcément intéréssé à la Tamla Motown, puis à Stevie Wonder, à Marvin Gaye, à la Soul, au Funk, au New Jack…
 
 
Je me revois encore deballer Off The Wall comme si c’était une nouveauté ! Le son était tellement bon ! Je profitais alors de ma première chaine HiFi, et au lieu d’entendre les pires sons des adultes, je plaçais le casque sur mes oreilles : sur "She ‘s Out Of My Life", je tournais au maximum le bouton "surround" qui rehaussait l’echo de sa voix, et les yeux fermés je m’imaginais être dans une grande salle de spectacle, le seul spectateur de cette chanson à fleur de peau. Plus tard dans la nuit, le rythme de "I Can’t Help It" m’emenait encore bien plus loin.
 
 
 
 
 
 
 
Avant ce jour en 1992 où le concert de Bucarest a été diffusé sur Canal +, la danse n’était pour moi qu’une envie de remuer. Mais Michael Jackson incarnait tellement bien la musique, que j’ai tout appris en le regardant. Le moindre rythme, le moindre temps, devenait visible sur lui : la basse sur le bassin, les coups de talon qui battent la mesure, ces gestes dynamiques, ces doigts fins qui donnaient corps aux accords, ces postures inédites… Ce tourbillon d’energie contrôlée m’a définitivement marqué. Je connais le Dangerous tour de Bucarest par coeur, regrettant parfois un plan mal cadré, un contre champs sur le public qui fait louper un de ses pas ! J’adore sa présence sur "Human Nature", ses cris avec le public sur "Beat It", mais surtout, le final de "Billie Jean" ! Il faut voir a tout prix ce final incroyable.
 
 
Seul dans la maison de mes grands-parents, j’ecartais les meubles et j’usais le magnétoscope à coups de retour rapide et de ralentis. Je m’acharnais à reproduire ses gestes, à tourner sur moi même et atterir sur la pointes des pieds. Et evidement, il a fallu que je m’apprenne le fameux moonwalk. Dès que j’étais seul et que le sol me le permettait, je forçais mes chevilles à se croiser par la seule force de mes orteils. J’ai du user quelques parquets et des semelles aussi, mais ça a payé : ma réputation au collège Georges Braque était faite ! Il y a encore quelques mois, un "copains d’avant" m’a contacté, et son 1er souvenir de moi, c’était : "le mec qui faisait le moonwalk" ! En effet, on venait me voir, "c’est toi qui sait faire le moonwalk ?" Le carrelage mouillé des toilettes était parfait pour le prouver. "Ouai.. pas mal.." Les années collège quoi !
 
Un sac de vielles k7 audio traine dans ma cave, parmi lesquelles celles que j’enregistrais spécialement quand mon père et moi penions la route, pour les parties de Tarot, où encore pour les après-midi d’été où la musique pouvait sortir par la fenêtre de ma chambre.. Je faisais mes propres versions "edit" : je racourcissais les versions "album" pour en écouter un plus grand nombre. En torturant un peu mes magnétophones, j’arrivait à faire des remixes, en coupant les morceaux toujours en rythme, en modifiant manuellement la vitesse des titres, et en les enchainant à d’autres. Mon rêve d’être DJ aussi, est né grâce à Michael Jackson.
 
Une anecdote rigolote m’a poussé à ressortir d’anciennes photos. Dans la cour du collège, j’avais parlé avec une fille qui avait été au Dangerous Tour à Paris, mais qui regrettait ne pas avoir pris de photo. Je lui avais dit que je connaissais quelqu’un qui avait reussi à en prendre pendant l’intro de "Smooth Criminal", où l’on voit la silhouette de Michael Jackson danser derriere une grande toile blanche… Le mercredi suivant, vêtu d’une tenue de scène improvisée, j’imitais mon idole derrière un drap tendu dans le garage d’un copain ! Malheureusement, nous avions sous-estimé la gène ocasionnée par les fumigènes, et les images en ont perdu en "cré-débilité" lol!
La fille ne nous a acheté aucunes photos..
 
 
 
 
Aujourd’hui encore, quelque soit la musique, le moindre mouvement que j’esquisse, vient de lui. Et quand j’y repense, j’ai fais tout ça à un moment de ma vie qui se prêtait à tout, sauf à danser. Je ne sais pas si les artistes se rendent compte de l’espoir qu’ils peuvent nous apporter.
 
 
 
 
 
 
 Comment oublier la première fois où j’ai vu Michael Jackson de mes propres yeux ! Une année si particulière. History Tour en 1997, ma cousine, son amie et moi étions parmi les premiers à courir sur la pelouse du Parc Des Princes jusqu’à la scène. La pression à son arrivée était incroyable. Hormis une fosse de VIP, seules quelques personnes me séparaient de la première barrière de sécurité. La scène était à quelques dizaines de mètres. Le show de History était objectivement bien en dessous des tournées de Victory, Bad et Dangerous.. mais quelle sensation incroyable de le voir danser devant soi… Au début du concert, les filles n’ont pas supporté le poid et la chaleur de la foule, je me suis donc retrouvé seul face à lui. J’ai pleuré pour la première fois de ma vie dans un concert quand il a chanté la chanson préférée de mon père, "I’ll Be There". Et sous le ciel de Paris, je n’étais plus vraiment seul à le regarder.
 
 
 
 
 
 
Pour moi il n’y a qu’un mot qui résume Michael Jackson : cet homme était magique. Sa présence, son regard et ses gestes. Sa musique, pleine de vitalité, d’émotion, et de force, sera pour toujours la bande originale de ma vie.
 
 

 
 
 
 
 
 
 

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